Podlabin

Dans la deuxième partie des années 30 du siècle passé, au Royaume d'Italie, la mine de Raša encadrée par les mines italiennes (Azienda carboni italiani – A.Ca.I), se trouvent en phase de puissante expansion. Les mines modernes ont enregistré une forte augmentation de la production, qui  se rapproche d'un million de tonnes par an, en parallèle il y a aussi l'augmentation du nombre d'employés qui effleure les 10.000 . En raison de l'augmentation de la masse salariale l'entreprise doit fournir un logement aux employés. La firme construit donc deux nouvelles structures locatives pour les travailleurs, dont la première fût bâti à  Raša (Arsia), dans la période de 1936 jusqu'à 1940, et puis à Podlabin ( intitulé Pozzo Littorio d'Arsia, dans la traduction Fosse Littorale de Raša puisque les bâtiments appartenaient à la mairie de Raša), la période d'installation fût de 1939 jusqu'à 1942. En littérature il est souvent fait référence aux villes de Labin et de Raša pour sa propagande fasciste, et les bâtiments qui ont été construits par la volonté de Mussolini, démontrent cette réalité mais celle-ci est fausse, car la demande émanait de la direction des mines. Bien sûr, elles sont construites du temps de Mussolini , avec son soutien, dans le cadre d'une nouvelle série de logements (città di fondazione), mais nos exemples sont uniquement dus à la nécéssité impérieuse de répondre aux besoins de logements de la mine.

Bâtiments locatifs

LabinPodlabin est la dernière structure d'accueil construite en période fasciste, de 1940 jusqu'à 1942, et elle est inaugurée solennellement le 28. 10. 1942, à l'occasion du 20 ème anniversaire de "Marche à Rome", avec laquelle les fasicstes sont parvenus au pouvoir. Avec la construction des appartements la société minière entretenait une main-d'oeuvre permanante ce qui lui permettait de résoudre le problème de fluctuation des travailleurs. Les travailleurs qui restent le plus longtemps dans la mine, sont indépendants économiquement et sont ainsi plus enclins au travail et attachés à leur métier  d'un côté, et de l'autre côté obtiennent une expérience précieuse, avec moins de risque de blessures et avec une meilleure productivité.

Les plans urbanistiques et  architecturaux de la nouvelle structure d'accueil ont été confiés au jeune et affirmé architecte Eugenio Montuori (Pesaro 1907 – Rome 1982), disciple convaincu de l'architecture moderne, fonctionnelle et rationnelle, et qui derrière lui avait des expériences similaires puisqu'il  travaillait avant sur les projets des nouvelles villes de Sabaudia (1934), d'Aprilia (1936) et de Carbonia (1937), tandis qu'à Rome, ensemble avec Vitellozzi, ils ont obtenu un grand succès avec le design moderne de la façade de la gare de Termini.

L'architecte Montuori installe la nouvelle structure de Podlabin sur un plateau relativement plat, à peu près à 220 mètres au dessus de la mer et sur une zone de 100.000 m2 sous le noyau historique de la vieille ville de Labin,  qui est éloignée de 5 kms de Raša. Comme Raša, Podlabin est aussi construit près du site de la mine, mais toutefois éloignée d'elle, car l'architecte voulait  que la partie résidentielle de la ville soit préservée dans sa propreté et sans la pollution de la production minière.

Le plan de la ville a été très simplifié. Sous les régimes antiques ou encore par rapport aux camps militaires romains, les rues autant que possible s'intersectaient faisant une illusion d'ordre et de régularité parfaite, c'est ainsi que le fascisme a repris cette conception puisqu' il adhère à la politique de Rome. Dans une telle cohérence  "insulaire" , Montuori installe une série de deux types de maisons, elles sont toutes orientées en direction du nord-sud, pour éviter les rafales de la bise (bura) sur la façade principale. D'après le plan original, à Podlabin il devait être construit 14 grandes maisons à deux étages (qui sont nommées kazarmoni) et 50 plus petites à un étage (elles sont nommées kazakape), et en réalité il a été construit que 12 grandes et 41 plus petites. La partie centrale de la structure locative a été édifiée dans la partie sud -ouest. Complètement  séparées de cette structure et tout près et sous la colline de Labin, il a été construits ensuite 20 maisons à un étage (qui s'appellent vilete). Trois types de maisons sont l'inspiration stricte de la division hiérarchique des travailleurs de la mine: un type pour les mineurs et le personnel de soutien, un autre type pour les superviseurs et les fonctionnaires, ainsi que le dernier type pour les techniciens et les ingénieurs. Le total  de la structure locative de Podlabin était alors d'à peu près 600 appartements pour approximativement 2400 à 3000 habitants. Pendant la construction de Podlabin sont utilisés en priorité les matériaux locaux, surtout la pierre, le sable et le ciment.

Podlabin fût créé avec les principes du rationalisme et du fonctionnalisme. Montuori a conçu les bâtiments avec l'usage de volumes simples, clairs, réguliers et de surfaces propres et lisses, avec les lignes horizontales, ce qui donne un timbre méditerranéen. Les pierres locales utilisées pour la construction du sous-bassement permettent un contrast aux parois lisses.

La place de la ville

À l'intersection des deux rues principales se trouve la place qui est d'une forme allongée et rectangulaire. Il s'agit en fait de deux espaces desquels le plus grand a une fonction civique et est prévu pour le commerce et en même temps permet les grandes assemblées politiques ou religieuses, et le second petit espace est un peu relevé par rapport au plus grand. Il est séparé de l'autre espace par un portique à 4 ouvertures carrées en pierre taillée. Son utilisation est sacrale puisqu'ici se trouve l'église et le clocher. Sur la majeure partie de la place domine l'éminante tour rectangulaire. Parmi la tour et le bâtiment la juxtant ( nommée Ceva ) se trouve au rez de chaussée l'ouverture du passage menant au marché de la ville. Sur cette majeure partie de la place, au lieu de trouver une fontaine caractéristique, l'architecte a laissé se déployer un grand arbre qui  est agrémenté par un banc en pierre où les habitants  peuvent à l'ombre causer ou se reposer. Montuori voulait sur la place souligner deux élements: la tour comme un symbole politique et le pylône comme un symbole de la puissance religieuse. Sur la place trois ruelles offrent de jolies points de vue sur des maisons d'hauteur égale et synchronisée comme peut le rappeler les cordages d'un diapason. La vue vers l'est permet un joli panorama sur la vieille ville de Labin. Sur la quatrième partie , celle du sud s'étend la vue sur le complexe harmonieux de l'église Saint Frannçois et son clocher carré et séparé. Cet assemblage du clocher et de l'église donne un accent vertical  à l'architecture sur l'intégralité de la place.

D'après le plan de Montuori, près de la place devaient apparaître les bâtiments suivants: dopolavoro (l'espace pour diverses activités après le travail), cinéma, l'école primaire, le petit jardin, l'espace pour les jeunes avec une salle sportive, les bureaux municipaux, la poste et l'hôtel pour les travailleurs célibataires, la cantine pour les fonctionnaires, et un peu plus loin les services ambulanciers et médicaux dont un dispensaire pour 40 personnes et une structure médicale et spécialisée pour la santé des enfants. La plupart de ces bâtiments sont restés uniquement sur les plans car ce contexte architectural n'a jamais été réalisé. Cependant le bâtiment dopolavoro  à un étage a été bâti au carrefour vers la direction de Ripenda. La plupart des institutions liées pour la santé n'ont pas été réalisées, mais après la deuxième guerre mondiale des constructions existantes ont été transformées  pour rajouter une annexe au centre d'école secondaire.

L'harmonie originale de la place après la deuxième guerre mondiale a été malheureusement déformée et s'est trouvée irrécupérable: d'un côté le portique vers l'église a été mûré et défiguré par ce semblant de barrière, et de l'autre côté, tous les bâtiments sur la place ont été reconfigurés avec un ou deux étages supplémentaires et ainsi la tour a perdu sa position dominante. Avec ces actions et constructions d'annexes  l'idée de l'architecte a été complètement dévaluée.

La tour et Ceva

LabinDans la première partie de la place, position dominante, se trouvent la tour élevée du plan carré et la maison Ceva.  Bien qu'alors la tour littorienne fût nommée torre littoria, ce qui se reporte aux colonnes romaines, pour symboliser la force, l'harmonie et l'unité, la tour fût cependant liée aux traditions italiennes des palais médiévaux avec la fonction du siège du gouvernement et du pouvoir administratif et de l'autorité  incontestée. Elle devait s'utiliser comme une protection en cas d'attaque aérienne, et c'est ainsi  qu'elle se transforma en fort avec la construction d'un mur circulaire recouvrant ses fondations avec des pierres horizontales simulant ainsi  un manteau. La tour a une forme compacte par ses murs massifs et les ouvertures se situent seulement au sommet avec 5 étroites fenêtres carrées. Sur la façade plongeant sur la place, à hauteur du premier étage, se situe un balcon, conçu comme une plate-forme, d'où les leaders fascistes parlaient aux masses. La tour est la seule concession que l'architecte a été forcée de faire pour l'idéologie fasciste, donc il est compréhensible de s'aperçevoir que la tour était le siège du partie fasciste (P.N.F). Par sa hauteur la tour a dominé tous les autres bâtiments de deux étages autour d'elle. Après la deuxième guerre mondiale elle a perdu sa position dominante et aussi son balcon, symbole de la rétorique fasciste.

Labin Le bâtiment Ceva a reçu son nom d'après les initiales de son architecte  - Cesare Valle. Le même bâtiment avec le même nom se retrouve à Carbonia, mais à la différence que la superficie est plus grande, les mêmes plans architecturaux ont été utilisés. Le bâtiment est construit en forme de L, avec au rez de chaussée une série d'arcades de forme demie-circulaire derrière lesquelles se trouvent les espaces commerciaux.  Au premier et deuxième étage sont aménagés des appartements.  À cause du manque de logements à Podlabin, la maison Ceva est annexée de deux étages supplémentaires après la deuxième guerre mondiale.

L'église de Saint François et son clocher

LabinMontuori  a porté une attention particulière pour modeler l'église, comme l'objet le plus important sur la place. En respectant les directions et les dimensions de la place,  l'église ne pouvait pas être orientée en est-ouest, comme le préconisent les traditions catholiques. Immédiatement il est prévu de bâtir un deuxième plus petit porche avec des colonnes et escaliers devant l'église. Par la suite le porche a été latéralement muré. Du côté est de l'église il a été construit un mur qui abritait quelques arbres. C'est ainsi que l'architecte a conçu cet ensemble comme le parc de la ville. Pour souligner l'importance de l'église, l'architecte a prévu une monumentale façade, comme une sorte de coulisse plus importante par rapport aux dimensions réelles de l'église. Le style monolitique de la façade est brisé par une grande fenêtre en vitraille qui montre Saint François. En s'inspirant de  mémorables exemples:  toscanes en Italie et de la renaissance, Montuori  a divisé la façade en deux segments horizontaux en pierre taillée et de deux tons différents . Cet engoument a été répété sur le clocher. L'église possède trois nefs dont la nef principale est extrêmement soulignée et les deux bordant celle-ci  sont des passages étroits à cause des pilastres trop massifs et ne permettent pas de pouvoir suivre les cérémonies religieuses. L'endroit  où est posé l'autel est de forme apsidale, et les pilastres sont revêtus par de grandes plaques en marbre de couleur fonçée. Les ouvertures de fenêtres d'abside sont étroites, et finissent en forme semie-circulaire. Les fenêtres de la nef principale sont plus grandes, allongées et rectangulaires, et les fenêtres des nefs latérales sont rectangulaires, mises à l'horizontale et plus tard elles ont été teintées. Près de l'église et derrière il y a le presbytère. À  l'intérieur de l'église se trouve l'inscription (HAEC ECCL. IN HONOREM BEATI FRANCISCI ASSIS. CONF. AEDIFICATA AC 18.VIII.1943. BENEDICTIONE INAUGURATA) qui nous témoigne qu'elle a été construite en l'honneur du bienheureux François d'Assise et qu'elle lui a été dédiée le 18 Août 1943. Saint François a été  probablement élu comme membre honorifique en mémoire du même nom donné au couvent, qui  a été opérationnel pendant des siècles non loin d'ici, près du stade d'aujourd'hui. Plus tard le membre honorifique de l'église a été changé en Madone de Fatima, mais récemment Saint François d'Assise a retrouvé sa place originelle.

Dans  l'église il y a trois précieuses oeuvres d'art: une croix expressive peinte par l'artiste de Labin Eugen Kokot  "Jesenovo stablo", une huile sur bois d'Antonio Moreschi  du début du 17 ème siècle, qui malheureusement a perdu ses teintes d'origine à cause des restaurations mal faites, et  "Maslinova gora", une huile sur bois de Valentin Lucas de la deuxième partie du 19 siècle.

Le clocher séparé, de style italique et de forme carrée, étroite et haute, a été mis délibérément dans l'axe de la rue principale et de l'accès sur la place. Cette architecture est excellente et s'ajuste parfaitement à l'ensemble et forme ainsi le contrepoids nécéssaire à la façade compacte de l'église. Les ceintures horizontales du clocher contribuent à sa stabilité, et le sommet  est percé sur ses quatre côtés avec quatre étroites ouvertures verticales. Le clocher se termine sur une petite profondeur et son toit a été recouvert de tuiles.

Vilete

LabinEn langue italienne villette signifie „plus petites villas“. Des bâtiments ont été construits pour le personnel de la direction de la mine avec un confort plus grand. Chaque bâtiment a été  connecté au système d'eau chaude centrale, ainsi les logements ont été chauffés par les radiateurs, ce qui pour ce temps-là était une innovation. Quatre vilete ont été  particulièrement conçues pour les directeurs de la mine avec un intérieur de design. Les vilettes à l'origine ont été constituées avec deux appartements de quatre chambres d'à peu près 100 m2 partagés par un rez de chaussée et un étage. Aujourd'hui  les vilettes ont quatre appartements de deux chambres d'une superficie de 50 m2 chacun, deux logements sont au rez de chaussée et deux autres à l'étage. Chaque appartement a son entrée indépendante avec une petite salle d'où à l'intérieur un escalier étroit conduit au premier étage. Le rez de chaussée est un peu surélevé, ce qui permet une excellente ventilation et prévient des risques d'humidité dans les appartements du rez de chaussée, ainsi qu'un sous-sol  construit sous le niveau de la terre. Chaque maison, ou appartement dispose d'un jardin privé assez grand pour la floriculture ou pour le potager. Les appartements au rez de chaussée ont l'accès direct aux espaces verts par l'intermédiaire d'un balcon. Les surfaces de la façade sont des parois planes et lisses, et au rez de chaussée il a été utilisé de la pierre taillée locale pour les sous bassements. Les toits sont couverts par des tuiles sur les pentes. De grandes ouvertures de fenêtres permettent l'utilisation maximale de la lumière du jour. Grâce à la grande hauteur des plafonds l'espace paraît plus spacieux.

Kazarmoni

LabinD'origine de langue italienne casermone, qui signifie immeuble, kazarmoni sont destinés aux mineurs et aux salariés. Les kazarmoni ont une structure allongée  de forme rectangulaire et avec trois parties accentuées et avancées (corpo avanzato), presque d'une forme carrée. Les bâtiments attachés à l'immeuble sont reliés au premier et deuxième étage par une passerelle, qui a été répétée sur l'ensemble de l'immeuble et donne une atmosphère de richesse à la forme, malgré la simplicité universelle. À chaque passerelle, un escalier intérieur conduit à la maison. L'architecte a répété sa structure élémentaire qui consiste en deux plus grands appartements de 56 m2 qui se trouvent en face à face dans la partie centrale de l'immeuble et d'un plus petit appartement de 45 m2 dans la partie avancée de l'immeuble. L'architecte a refait neuf fois cette structure sur trois niveaux. C'est ainsi que l'immeuble est pourvu de 27 apparetments à deux chambres.  Les sous- bassements de l'immeuble sont faites en pierre. Les façades sont lisses, les fenêtres sont relativement grandes, et les toits à l'origine étaient plats. Plus tard pendant la restauration kazarmoni  ont eu des toits pentus revêtus de tuiles.

Chaque appartement dans la partie avancée possède un couloir, deux chambres, une cuisine-salle à manger, WC salle de bain,  et un petit garde-manger. Les appartements dans la partie  centrale  au lieu d'avoir un garde-manger ont une petite terrasse-balcon. Sous le niveau du rez de chaussée, dans la partie centrale, est amménagé un espace de cave  qui ne satisfait pas les locataires, et donc sur les espaces verts parmi les kazarmoni ont été construits des abris pour entreposer le  bois ou le charbon de chauffage. Jusqu'en  1970 les cuisines étaient équipées de poêle  à  charbon car les mineurs pouvaient avoir une réduction sur le minerai.

Kazakape

Le dérivé de la langue italienne Case per i capi, qui signifie la maison pour les chefs a été donné aux noms des bâtiments qui sont destinés à la classe sociale moyenne des salariés de la mine,  aux chefs du site du travail, aux superviseurs, aux fonctionnaires. Les bâtiments de ce type ont quatre appartements de trois chambres, deux de ces appartements ont une superficie de 72 m2 au rez de chaussée et deux de 69 m2 au premier étage, chacun avec une entrée indépeandante. L'entrée de l'appartement au rez de chaussée a un porche plus petit qui est couvert par une terrasse et la forme de l'ensemble est semie- circulaire. Ce porche mène sur la montée de quelques marches en pierre et prouvent que le niveau de l'étage au rez de chaussée est surélevé par rapport à la zone du sol. Jusqu'au niveau du rez de chaussée a été coulé un sous bassement en pierre et tout autour du bâtiment. Sous le niveau du rez de chaussée se trouvent les ouvertures de ventilation qui sont transversales au niveau des façades. Pour les appartements du premier étage, des escaliers latéraux externes en pierre ont été construits. Le porche et les escaliers rappellent „ baladur“ qui est un style de construction typique des maisons rurales istriennes, et nous pouvons par cette structure trouver la liaison parmis les solutions proposées de Montuori et de l' héritage locale architecturale. Sur la façade opposée, les appartements du rez de chaussée ont une plus grande ouverture sur le balcon qui mène à une vaste terrasse, s'ouvrant directement sur le jardin. Cependant chaque appartement à kazakape possède une petite parcelle de terre. À l'origine les jardins étaient plus grands , et depuis les années 1960, la superficie des jardins a été diminuée en faveur d'une série de garages. Kazakape ont le toit pentu revêtu de tuiles. Les appartements sont assez confortables puisqu'ils ont deux grandes chambres et une petite, une cuisine ouverte sur la salle à manger, le couloir et un WC et une salle de bain avec une baignoire-sabot, un garde-manger  et aussi un bûcher. Les grandes fenêtres permettent une bonne lumière du jour , et les plafonds de grande hauteurs donnent une impression de grandeur.

Bâtiment administratif

LabinLe bâtiment administratif situé au bord de la zone industrielle de la mine est constitiué d'une partie centrale de forme rectangulaire plus élevé que les deux autres morceaux du bâtiment qui lui sont relié. L'un des bâtiments est orienté en direction de la place, et l'autre en direction du puits de la mine (šohta). Dans la partie centrale, sur les deux niveaux se trouvaient les différents bureaux de la mine. La vaste entrée principale est relevée par quelques marches en pierre. De la salle d'entrée de larges et somptueux escaliers en marbre vous conduisent aux étages  supérieures. Après la deuxième guerre mondiale cette partie du bâtiment a été enrichi par deux étages et ceux- ci ont servi aux besoins administratifs de la mine. Dans l'annexe conduisant  vers la place se trouvait la cantine pour les mineurs , qui après la deuxième guerre mondiale est nommée populairement  "Cetrti obrok". Au rez de chaussée, sur la partie latérale du bâtiment,  élevée par quelques marches en pierre se trouve une autre entrée qui était utilisé autrefois par les mineurs.  Après suit le couloir qui à droite s'ouvrait sur une vaste salle (aujourd'hui salle de marbre- mramorna dvorana), revêtue en gris marbre, et qui avait une série de comptoirs où les mineurs pouvaient trouver tous les documents relatifs au travail des mineurs.  À gauche du couloir se trouvaient un vestiaire, les bains , WC liaison vers „lamparna“ (la salle où était entreposée les lampes à l'huile), pour aller à l'ascenseur du puits de la mine. Sous le niveau de ce  bâtiment se trouvait également la salle mortuaire qui malheureusement était nécéssaire aux besoins de la mine. Nous supposons que pendant quatre siècles d'activité minière à  Labinština il a été recensé à peu près  750 morts , jusqu'aux années 1980 et depuis aucun cas de décès n'a été évoqué.

Après la fermeture de la mine de Labin en 1988 suit une grande période d'abandon et de dévastation progressifs de tout le complexe.

L'espace de „ lamparna „ est le premier sauvé et renové grâce à l'association Labin Art Express. Ces dernières années la ville de Labin a pris l'initiative de renover et valoriser tout le complexe minier, et l'un des resultat obtenu dans  la zone de „ Pijacal “ est  le statut classé au  patrimoine culturel , inscrit  au Registre des monuments culturels par le Ministère de la culture de la république de la Croatie. Également la ville a avec ses fonds propres et avec le soutien du Ministère de la culture et du Département istrien, a fait un appel d'offres  urbain- architectural pour la rénovation du couloir de la salle de marbre et une partie des bains qui devait se transformer en bibliothèque de la ville. Suite à l'appel d'offre il a été retenu une équipe de jeunes architectes et designers de Zagreb (Damir Gamulin, Margita Grubiša, Marin Jelčić, Zvonimir Kralj, Igor Presečan, Ivana Žalac), qui a bien pris en considération l'espace existant aux nouveaux besoins sollicités avec un respect maximal pour les valeurs  du bâtiment et avec une application des critères fonctionnels et esthétiques. Dans la salle de marbre qui est maintenant devenue la bibliothèque prévaut la blancheur et la lumière luxueuse provenant du plafond construit avec des briques de verre. Dans les autres espaces par contre  la noirceur totale a été retenue. Ce fort contrast noir-blanc qui est sans équivoque, fait allusion au travail minier d'autrefois. La bibliothèque de la ville a déménagé dans le nouvel espace en 2013, et de la réussite de ce projet témoigne deux prix nationaux,  reçus la même année, pour les meilleures exécutions  sur le plan d'équipement intérieur : le premier prix donné par l'association d'architectes croates, le second prix  "Vladimir Nazor" par le  Ministère de la culture de Croatie.

Pijacal

LabinLa zone industrielle totale de la mine est nommée par le terme Pijacal (provenant de la langue italienne piazzale, qui veut dire une place vaste et ayant une surface  délimitée). Sur la place se trouvait tout le matériel nécéssaire pour l'entretien de la mine dont la mécanisation, l'électricité, la menuiserie et autres ateliers dans lesquels étaient réparés tous les outils et machines utilisées dans la mine. Également il y avait des entrepôts et le laboratoire chimique. Tout près de l'entrée à Pijacal il y avait une balance pour mesurer le poids des véhicules de transport à plein ou à vide. Un peu plus loin est érigé l'installation du chauffage avec deux puissantes chaudières pour le chauffage de l'eau  et pour les besoins de la mine, mais aussi pour une partie de la ville. Près d'elle , depuis les années 1970  s'est installée l'usine „Tvornica termičkih uređaja“ (TTU), qui a produit les différentes  chaudières  pour le chauffage central.

À l'est d'elle se trouve un grand bâtiment de forme rectangulaire, construit en brique et renforcé par des ceintures en béton armé. Dans ce bâtiment était stocké une machine d'exportation qui possédait deux grands tambours sur lesquels deux cables d'acier actionnaient la montée et la descente de l'ascenseur du puits.

Du côté sud- est au bord de Pijacal, se trouve un grand bâtiment allongé, rectangulaire dans lequel étaient entreposés des puissants compresseurs , utilisés quotidiennement pour produire une grande quantité d'air comprimé nécéssaire à la mise en route des machines de la mine.

Après la fermeture de la mine de Labin la plupart des ateliers à Pijacal ont été laissés à l'abandon. Dans le nouveau état de la Croatie avec le processus de privatisation ces bâtiments ont été privatisés et les nouveaux propriétaires ont donné une nouvelle fonction à ces objets. Une petite partie des objets servit pour la production et l'autre partie plus grande fût transformée pour les différents magasins.

Il est très important de savoir que Pijacal  fût classé au patrimoine culturel et inscrit au registre national  ce qui signifie que dans le futur tous les travaux ne pourront être exécutés que par l'accord des conservateurs pour la protection des monuments culturels.

Puits de la mine

LabinNon loin du compresseur et en face du bâtiment de la machine d'exportation se trouve le puits de la mine, la grande tour d'acier. Le puits de la mine a débuté en  1940, quand a commencé la production dans la mine de Labin. Le puits de la mine a à son sommet deux grandes roues, qui fonctionnaient en synchronisation , une en avant , une en arrière, et ainsi elles permettaient l'articulation de l'ascenseur pour monter ou descendre les cages. Les cages sur trois niveaux transportaient les mineurs ( 16 mineurs par niveaux), ainsi que les wagonnets vides ou pleins et les autres matériels. Les étais des galeries verticales  étaient faites en bois spécial de mélèze qui se montrait le plus robuste en cas de freinage. Le cable de l'ascenseur est fait avec des fils d'acier tressés et vérifié et graissé journellement. La hauteur du puits de la mine est de 32,50 mètres , et la profondeur de la galerie verticale est de 570 m. Aujourd'hui le puits de la mine est presque tout rouillé, et il lui faudrait une rénovation d'urgence.